Élise Vandewalle



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LES CHASSEURS D’OMBRES
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Vous qui lisez, abandonnez toute espérance
par  Alexandre Taalba


Me voici dans une agora, qui résonne à la gloire des vaincus, dont je porte le poids des armes sur mes ailes ramifiées. Le sol jonché des fantômes d’injustes gibiers de potences gronde, comme grincent les poutres d’un vieux gibet. Seulement quelques pièces en poche...pourrai-je satisfaire la cupidité du fils des Ténèbres ?
Savez-vous quel sort leur est réservé – ou jeté – à ceux qui ne paient pas ? Bercé par la Nuit, celui qui vogue sur ce fleuve dont les sources divergent, ne risque de subir que le maigre courroux d’un dieu fatigué. Vous...purgerez la peine éternelle
– pour cette foule invisible, vous ne serez qu’un supplicié de plus, si elle ne vous a pas lynché de cris enthousiastes avant que ne soit proclamée la sentence.

Quel ostinato fait battre ses tympans ; ce regard inquiet par-delà son épaule et le rayon de ses yeux semblent happés par une ligne de fuite chaotique. Toute sa vue s’engouffre par une faille de l’Histoire, vers les ruines d’un passé qu’elle ne souhaite pas connaitre. Elle ne peut plus détourner le regard, condamnée à voir entre les strates. A la jonction d’éléments disparates, le voit-elle brandir les trophées du temps ?
Damnation ! Vous n’êtes pas seuls. Ils marchent au pas cadencé, ces soldats des profondeurs. Ils ont jailli telle une éruption de soufre, statuaire vaine et brumeuse.
L’Oméga de ses yeux aveugles craquèle l’abîme. Comme l’esprit d’une diva, qui scande une poétesse, qui lit Joyce, qui cite Dante, dans une sorte de récursivité infernale. C’est la lente décantation du paladin, qui n’est plus que précipité de cendres et celle de la cantatrice, résidu de faire. Les voyez- vous renaître du chaos ?
Découverte ensevelie sous l’étendue rétrécie d’une fresque morcelée, figée par l’incessante révolution des cyclones stellaires, elle demeurait prisonnière d’un palimpseste. Conjuguées, arrachées, sculptées entre elles, couches et cavités, se répercutent en ondes chtoniennes, qui serpentent en trombe.
Je suis un ange déchu, précipité vers la terre, au cœur d’un palais en ruine. Je suis les yeux de l’entropie, qui balaie l’antichambre des enfers du regard.